Collection DÉCORMAG: Decoration. Design. Architecture. Beaux-Arts.
entrevue, Myriam Gagnon, Mai 1987

Chez les émirs, la décoration d'intérieure doit avant tout refléter la position sociale du maître de maison en impressionnant les visiteurs ; si la classe bourgeoise s"intéresse au design, au mobilier contemporain, les gens riches par contre ne rêvent que de « petits Versailles » somptueux, opulents,  avec des meubles de style recouverts de feuilles d’or, de matériaux nobles, de tapis de soie, de la passementerie à profusion, des lustres à pendeloques de cristal et tutti quanti…

Marguerite Senay qui apprécie la créativité et la finesse d’exécution des artisans québécois confie aux ébénistes de Patella la fabrication des boiseries en acajou :
lambris, armoires, huisserie, etc. C’est Claude Lachapelle du Studio Mandala qui se charge des vitraux tandis que les verriers de Vitrerie Locale découpent et gravent le garde-corps de la mezzanine d’après les dessins de Benoît Ducharme.

Menuisiers et tapissiers d’Ameublement Renaissance s’affairent à la fabrication de tous les meubles rembourrés et habillés de soie naturelle ; pendant ce temps, le céramiste Robert Champagne réalise les murales qui décoreront le patio et le séjour.

L’excellence du travail de ces artisans enchante le maître des lieux qui fait part de sa satisfaction à son frère ; celui-ci, à son tour, confie aux designers l’aménagement de son propre palais. La petite équipe, à laquelle s’ajoute Jeanne Auclair qui confectionne pour le grand hall de superbes tapisseries et l’artiste verrier Guy Loyer qui crée pour le projet des fontaines extérieures, cloisons et luminaires, et se remet à l’œuvre… Marguerite Senay est invitée au Qatar par une princesse qui caresse, elle aussi, des idées de décor à la québécoise…

Mais  ceci, comme disait Kipling, est une autre histoire…