LE SOUFFLE
janvier-février 1966
GUY BOULIZON

Centre de catéchèse de Montréal

Que penser de l'illustration de « Viens vers le Père » et « Célébrons ses merveilles » ?

Illustration des deux premiers  catéchismes : Jeanne Courtemanche Auclair 1964 et 1965

Pour le premier catéchisme, je trouve que les illustrations en sont extrêmement honnêtes. Le mot honnête étant pris dans un sens qui signifie la loyauté du dessin, de la couleur et de la composition.

Je trouve par ailleurs que la mise en page en est absolument remarquable .J"ai comparé la mise en page des dessins et du texte avec d’autres catéchismes et je vous avoue que cette mise en page l’emporte sans hésitation. Pour revenir à l’illustration, j’ai surtout admiré dans ce premier catéchisme les dessins qui sont en pleine page. J’ai trouvé que ces images en supprimant les détails, obligent l’enfant à concentrer son attention sur l’unique sujet. Ce sont  des dessins simples, des couleurs dans l’ensemble très belles, surtout dans la 2e partie du premier volume..

Des couleurs très subtiles, des illustrations qui ne se contentent pas d’illustrer, mais qui, à leur manière, « enseignent » parallèlement au texte, à ce texte que je trouve parfois un peu au-dessus du niveau d’un enfant de 7 ans et  plus proche d’une mentalité de 9 ans. Je trouve qu’il y a beaucoup de spontanéité, de sensibilité, d’honnêteté dans l’illustration de ce premier catéchisme.

Le deuxième catéchisme, à vous parler franchement, me plaît  un peu moins. Pour quiconque est habitué à juger des dessins, on trouve l’ensemble plus laborieux, moins spontané .A certaines pages, on a l’impression que l’auteur a voulu mettre trop de choses, ou qu’il a «dû» y mettre trop de choses. Ce n’est peut-être qu’une impression, car en définitive, ces deux volumes constituent deux réussites qui me montrent qu’un adulte peut illustrer avec succès un catéchisme destiné à des enfants ; alors que vous n’ignorez pas que, à l’heure actuelle, une tendance voudrait que de tels livres soient illustrés par des enfants, pour des enfants.

L’expérience mériterait d’être tentée bien que je crois que, dans le domaine d’un catéchisme, l’illustration devant être didactique, devant «enseigner», il est préférable et plus sage de réserver à des adultes, cette tâche très délicate, à condition évidemment que l’illustrateur ait conservé l’esprit d’enfance et ce don de l’artiste, qui, à travers ses images, veut non pas imposer mais proposer un cheminement à la foi de l’enfant : proposition à laquelle il est libre de répondre à sa façon.

Guy Boulizon